mardi 15 mai 2012

Découverte de Madame Curie

Chers gens,

Je sais que mon absence d'appétit pour la chose blogesque fait que vous ne lirez probablement jamais ce papier mais il n'empêche, j'aimerais bien vous poser une question, enfin plutot deux, mais bon, vous verrez ...

Alors, voilà, ça fait environ un an que je vis avec un certain recul sur l'air du temps. J'ai choisi de ne pas forcément laisser l'actualité envahir ma vie et au contraire de  laisser s'insinuer du grand tumulte du monde qu'une certaine écume.

Il y a peu de temps, sur Twitter, j'ai posé assez naïvement une question : Vous saviez qu'au Portugal, à cause de la crise, la droite au pouvoir a supprimé le ministère de la Culture ?

Si certains de mes followers ont rapidement fait passer l'information que j'avais découverte au hasard de mes pérégrinations sur le site de France Culture - Oui ne pas suivre l'actualité à la minute ne veux pas dire être inculte - . personne n'a répondu à la question que je me posais sincèrement à savoir : Cette information, quand même assez importante (suppression de l'existence d'un ministère indépendant pour le remplacer par un petit cabinet rattaché directement au premier ministre et avec un budget limité), était-elle facilement acccessible dans les cercles d'informations (Journaux, radios à fort contenu axé sur l'information, télévision) que je ne fréquente plus ?

Je veux, c'est pas comme si c'était un sujet banal, la suppression d'un tel ministère. Surtout dans une période pré/post-électorale où un tel fait est assez symptomatique d'une certaine politique et aurait pu constituer un argument de campagne.

Il se trouve qu'aujourdhui, je me pose à peu près la même question à propos de l'hommage que François Hollande a tenu à faire dès qu'il est officiellement devenu président.

D'après ce que j'ai cru saisir de l'air du temps, l'attention s'est focalisée sur Jules Ferry que le nouveau président avait choisi de porter dans Panthéon personnel et bicéphale.

Je suis même à peu près sûr que ce faisant que nombreux porte-plumes ont disserté sur l'homme avec toutes les conventions d'usage inculquées par leurs formations littéraires du siècle passé : Thèse Antithèse, Synthèse.

Partie I consacrée au rôle du père de l'école publique, laïque et obligatoire, son rôle crucial dans la construction de la République sur le long terme, etc ...
Partie II consacrée à la part très "Vieille France" du personnage, notamment son appétence pour le colonalisme tendance "Y A Bon Banania" ...
La Partie III constituant la cocnlusion de l'éditorialiste, sa vision  du personnage historique et l'analyse politique qu'il place dans le choix symbolique d'un tel personnage par le nouveau président de la République.

Et je me demandais si le même travail avait été effectué avec Marie Curie. Si quelqu'un avait un peu poussé la réflexion sur la symbolique du choix d'un tel personnage ?

Allez, j'imagine (et d'après ce que j'ai consulté ici ou là, je ne me trompe pas) qu'on a dû sortir un couplet assez consensuel :

- Marie Curie est une femme : Insérez ici des commentaires sur l'opportunité d'un tel choix un an après que DSK ait souillé de sécrétions diverses les brevets de bonne conduite en féminisme que le parti présidentiel avait gagné via son effort sur la parité.
- Marie Curie est une immigrée : Insérez ici des commentaires sur la rupture stylistique avec le précédent président.
- Marie Curie est une scientifique : Insérez ici des commentaires sur les relations très tendues qu'avait eu le précédent fâcheux avec le monde de la Recherche.

Et puis, c'est à peu près tout ... Je me trompe ?

Ma question c'est : Est-ce que quelqu'un a fait le vrai boulot de la symbolique politique d'un tel choix ?

Non, parce que pour moi :

- Marie Curie, c'est le symbole de la naissance de l'énergie nucléaire. Et on peut interpréter sa mise en lumière comme un signe positif donné envers ceux qui soutiennent cette solution ?

- Marie Curie, c'est la première victime du nucléaire. Et à ce titre-là, sa mise en lumière peut être interprêtée comme un signe amical à ceux qui sont contre cette solution.

Le geste et son ambiguité peuvent même être perçus comme une sorte de "Je vous ai compris" lancé à tous les gens interpellés par le nucléaire, un truc qui rend tout le monde heureux mais ne tranche rien.

- Marie Curie, c'est aussi une figure politique, mineure certes, mais présente dans l'histoire de la gauche. Via son gendre, scientifique lui-aussi, qui fut un membre éminent du Parti Communiste. Y a t il dans cet hommage, une sorte de clin d'oeil par alliance à une formation politique avec qui le pérsident souhaiterait faire alliance ?

Ces trois points là, mis en lumière comme ça, peuvent donner une idée d'une certaine volonté politique de mettre en marche des entités différentes qui ont apporté leur soutien au président.

On peut même aussi chercher une signification symbolique internationale dans ce geste ...

Une femme, scientifique, venue dun pays de l'est qui ne lui appartenait pas vraiment à cause de l'influence russe, ça vous rappelle personne ?

Angela Merkel correspond aussi au profil, non ? Et c'est avec elle que le président a eu son premier rendez-vous international.

Sérieusement, vous avez entendu quelqu'un faire ce boulot de décryptage basique que tout le monde peut faire en lisant trois fiches wikipedia en diagonale ou pas ?

Allez pour le clin d'oeil musical, c'est obligatoire :




jeudi 13 janvier 2011

Cher Monsieur Gillespie, vous me réconciliez avec la trompette qu'est un instrument bien plus noble que le clairon de ces cons de soldats

Tiens, l'ami, regarde ça :


ALLIOT-MARIE propose d'aider la Tunisie dans la répression
Regardez les dernières vidéos d'actu.

Je sais, cher lecteur, que tu n'es pas totalement con ... Mais bon, quand même, au cas où, on va résumer parce que moi, qui suis pas vraiment favorisé au niveau de l'intellect, je me dois de penser à haute voix pour bien comprendre les choses ...

Or, donc, la dame, là c'est pas n'importe qui, c'est la Ministre des Affaires Etrangères de notre beau pays. Ce pays, il s'appelle la France et il croit, dur comme fer, être le pays des droits de l'homme et de la gastronomie classée au patrimoine mondial de l'humanité. Surtout, ne le détrompe pas, c'est tout ce qui lui reste ça, depuis qu'on fait des grands crus classés dans la vallée de Napa. En plus, ça tombe plutôt bien qu'il croit en ces deux trucs, parce qu'ils sont deux, comme les mamelles des fermières qui faisaient tant rêver ce bon vieux Sully.

Et, oui, tu as bien entendu, cette représentante officielle de l'Etat Français - il y a pas plus légitime même, hein ? - quand on lui demande son avis sur ce qui se passe dans ce pays pas si lointain qui s'appelle la Tunisie, elle propose gaillardement d'aider le potentat local en lui envoyant la troupe en soutien pour maintenir l'ordre. Oui, t'as bien compris : des forces de sécurité (on sait pas lesquelles d'ailleurs : l'armée, la police, la gendarmerie, le GIGN, les commandos de marine ?) pour aider le despote bien dictateur à écraser ses sujets à coups de trique et lui donner de nouvelles idées en matière de torture et de massacre de masse dans son pays où les gens sont tellement heureux qu'ils ont fait de l'immolation par le feu un geste politique.

Et comme t'es pas complètement con, t'as aussi remarqué qu'elle a pas dit ça à moitié bourrée à la sortie d'un banquet ou au milieu d'une conversation destinée à flatter les plus bas instincts de quelconques militants. Non, elle l'a fait en plein milieu de l'Assemblée Nationale de la manière la plus officielle qui soit devant des caméras de télévision qui tournent.

Donc, maintenant, c'est officiel : on est prêt pour regonfler le PIB à exporter nos gros bras musclés au grand jour.

Avant, les tortionnaires comme Aussaresses, on les refilait discret, en loucedé aux autres pour qu'ils en fassent des instructeurs pour les nervis des dictateurs lointains (comme au Brésil avec ce cher général). Maintenant, tout a changé. Non seulement, on n'arrête pas de le faire mais en plus, on le dit. ouvertement C'est mieux, plus transparent. De nos jours, non seulement, on sait qu'on a envie de vomir mais, en plus, on sait sur qui.

Ceci dit, toute ironie mise à part, maintenant on saura aussi qui coffrer pour complicité si un jour le tribunal pénal international s'intéresse au cas Ben Ali. Il reste plus qu'à attendre qu'il alourdisse encore le bilan de son règne de terreur.

Tiens, pour la peine, une nuit tunisienne qui n'est pas hantée par des escadrons de la mort mais par un fantôme bien joufflu.



mercredi 5 janvier 2011

Y a quand même pas à dire, les allemands pour la déconne c'est jamais les derniers ...

Certains aiment bien réduire le pays de Goethe à ce mémorable " Femmes chamais commander, Mari borter Kulott " de l'hotel du globe, alors que la Rhénanie sait aussi faire démonstration de moments d'éclate autrement plus intenses :


Kraftwerk - Radioactivity
envoyé par Fi-Carlo. - Regardez la dernière sélection musicale.

Ah et si quelqu'un a une idée pour que je termine mon article en faisant une blague et en parlant de la légendaire souplesse germanique, je suis preneur (parce que là, j'ai la flemme, il est tard).

lundi 6 décembre 2010

Last night, well you know ....

Y a des jours où parfois, ça ne va pas tout à fait bien dans ma vie, pour une raison ou pour une autre. D'ailleurs au fond peu importe pourquoi. Ce qui serait réellement inquiétant ce serait que ma vie ressemble à un dessin animé de Walt Disney où tout est teinté d'une débauche de couleurs tellement pastels que ça en devient écœurant à gerber.

Et il y a ces soirs qui vont avec, terriblement pesants. Et à cet instant précis, je débranche tout et connecte toutes les enceintes. Avec du volume, fort le volume.

Parce que j'aime le son chaud des cuivres du backing group de James Brown sur ma peau, parce que j'aime la morgue du flow de Eminem et que c'est rigolo une chanson exaltée et naïve sur la lumière.

dimanche 7 novembre 2010

Roland, voulez-vous danser ?

En fait, j'étais exténué et m'apprêtais à rejoindre tranquillement mon lit quand la recherche d'une jolie mélodie pour m'amener dans les bras de Morphée s'est transformée en boulimie de beats (No pun intended).

Alors voilà, une petite sélection de house music qui marche en toutes circonstances, y compris pour s'endormir.

Evidemment le choix d'un prénom tel que celui de Roland est tout sauf innocent. Et même s'il n'y a pas grand chose de très récent là dedans, Dieu sait qu'il y a de jolies pépites pas forcément appréciées à leur juste valeur ! Pépé Bradock devrait avoir une statue érigée à son intention rien que pour ce bijou appelé Deep Burnt, quant au It's not enough de Madame B avec son long break vocal, c'est juste une merveille.




















vendredi 15 octobre 2010

Choisir son camp (Episode 10)

Encore une question centrée sur l'élement le plus important de ma vie : mon lit (Oui, je sais ma vie est trépidante)

Grand sommeil ?



ou Nemurenai Insomnie ?



Par contre, je tiens à signaler que ça m'a fait halluciner de trouver aussi facilement ce second morceau. UFO, ce groupe d'électro-jazz japonais signé sur Talking Loud, que je trouve en moins de temps qu'il ne faut pour l'écrire sur YouTube alors que c'est quand même pas forcément le truc le plus grand public du monde, c'est à te dégouter de collectionner les disques (Tiens d'ailleurs, j'ai arrêté) ...

mercredi 13 octobre 2010

Choisir son camp (Episode 9)

Aujourd'hui, on va voyager. Pas forcément loin ou avec le moyen de transport le plus glamour mais n'empêche qu'on va faire un tour. Et où va-t-on donc poser nos fesses ?

Dans un autobus magique ?



ou dans un avion qui va beaucoup plus loin (genre à Calcutta) ?



Mon choix est assez vite fait compte-tenu que ça faisait des années que je n'avais pas pris le vol IC408 et que je l'aime toujours autant qu'avant. Surtout qu'à l'époque où je prenais beaucoup de plaisir à le fréquenter, les échoppes parisiennes vendant ce genre de musique n'étaient pas fréquentées par quelques amateurs de films de Bollywood venus s'encanailler à peu de frais et les vendeurs, bien plus disponibles prenaient vraiment du plaisir et le temps de faire découvrir la Bhangra Music.

mardi 12 octobre 2010

Choisir son camp (Episode 8)

Bon, on va évidemment commencer par dire que la drogue c'est mal et que jamais, il ne faut en consommer sous quelque prétexte que ce soit. Mais, on va pas non plus faire comme si ça n'existait pas et comme si on y avait jamais consacré des chansons :

Cocaïne ou cannabis ?



ou



Personnellement, j'avoue que le Nino Ferrer a des moments vraiment très bons et d'autres plutôt bof alors que le JJ Cale est plus constant.

lundi 11 octobre 2010

Tiens demain, on va encore lire des conneries sur Twitter (et en écrire aussi et on aurait de se géner 140 caractères c'est fait pour ça)

Or donc, comme demain, il y a grève, il va encore y avoir des gens qui vont se dire que France Inter c'est bien mieux avec une bande de secours qu'en temps normal.

Ben ouais, mais c'est pas nouveau alors pour la peine, voilà cinq raisons de ne pas le dire demain dans ta timeline Twitter parce que t'auras d'autres choses à faire :

- D'abord, parce que France Inter sans Didier Porte, ça pue.

- Ensuite parce que la meilleure émission de la radio française, elle n'est pas sur France Inter mais sur le Mouv' et en syndication (tiens, ça tombe bien de parler de syndication un jour de grève, non ?) sur PureFM et Couleurs 3 et même au Mali. Et même qu'elle est aussi disponible , et qu'elle s'appelle It is what it is.

- Ensuite parce que le fait que les programmateurs musicaux de Radio France soient de dangereux psychopathes musicaux de fins érudits mélomanes capables de faire des programmations où les morceaux se répondent entre eux et répondent à l'air du temps, c'est pas nouveau (même que FIP fait ça tout le temps et tellement bien que c'en est écoeurant).

- Tu auras l'occasion d'aller écouter le Chinese Theater spécial Certains l'aiment chaud et tu t'abonneras même au podcast (tellement que c'est bien le cinéma sans images).

- Tu réviseras l'intégralité de La Planète bleue en Podcast ou ailleurs ...

dimanche 3 octobre 2010

Choisir son camp (Episode 7)

Comme c'est dimanche et que j'ai rêvé d'une grasse matinée sensuelle et accompagnée ( A la place je me suis levé à 4 heures du matin sans risquer de réveiller qui que ce soit car oui j'aime la vie dure), j'ai eu une pensée impure en faisant le choix de la question :

Pas besoin de discours, ces deux titres puent le sexe chacun à leur façon (si avec ça j'ai pas une bande de pervers qui se pointent via Google !!!) :



ou bien



Look ou Watch ?

Et sinon histoire flatter mon égo et consoler ma misère, je tiens à signaler que j'ai le vynil original de ce disque là qui est le deuxième disque de trip-hop de tous les temps (après le Walk on By de Smith & Mighty) et le premier disque de Massive Attack avant même qu'ils aient trouvé leur nom.
Et que toi, tu ne l'as pas ... Na.

samedi 2 octobre 2010

Choisir son camp (Episode 6)

En ce jour où comme des millions de français, j'ai mal aux pieds parce que la vie est dure et qu'il faudrait quand pas voir à prendre les gens pour des cons ... Le choix est simple :

La vie dure ou la vie douce ?



ou



Et tiens, tant qu'on y est en écoutant le très punchy Hardlife - Ouais, c'est bien aussi quand c'est dur des fois -, tu pourras avoir une petite pensée pour Aaron Carl qu'est mort cette semaine (même que personne n'en a parlé parce que Tony Curtis était mort alors que je mets au défi les trois quarts des gens de me citer trois films de cinéma où il a joué sans utiliser Google, Imdb ou autre moteur de recherche). Il ne mérite pas l'indifférence Aaron.

Voilà. Carl ou Aron Carl ? Douce ou dure ?

vendredi 1 octobre 2010

Choisir son camp (Episode 5)

Bon, maintenant que tu as les oreilles bien dressées, on va compliquer un peu le jeu ...

Alors moderne ou old-school ?

Ballotins de poisson et son couscous de brocoli ... (Rahhhh des brocolis)

Ou côte d'agneau et haricots ?

mercredi 29 septembre 2010

Choisir son camp (Episode 4)

J'ai du lire quelque part dans "Le Marxisme pour Les Nuls" que l'histoire n'était qu'un long cortège de vainqueurs. Et ça tombe bien, d'ailleurs vu que je suis dans une période de fringale historique depuis que j'ai découvert les archives d'Henri Guillemin sur le site de la télé suisse romande.

Et justement à ce propos, toi tu préfères les salauds qui parce qu'ils sont dans le camp des vainqueurs deviennent des héros ou les braves gars que l'Histoire façonne en pauvres types parce que ce sont des perdants ?


ou

lundi 27 septembre 2010

Choisir son camp (Episode 3)

Aujourd'hui, une question fondamentale s'il en est :

Que faire au lit ?
S'endormir dans un état comateux en position latérale de sécurité histoire d'éviter de finir comme Jimmy Hendrix ?
Ou faire des cochoncetés avec une dame qui a dépassé depuis des années la date limite de consommation (comme le chiraquisme qu'elle aima tant) ?



ou



Ok, je sais, présenté comme ça aucun des deux ne donne envie mais musicalement, les deux sont appétissants ...

Choisir son camp (Episode 2)

C'est aussi toujours aussi con qu'un sondage et ça m'amuse toujours autant :

C'est toi qui choisis (parce que moi, là, j'arrive pas) :

Dans le grand nord (vu le temps qu'il fait c'est de circonstances), pour te réchauffer, tu préfères les bêtes à poils ou les bêtes à cornes ?




ou



Et, je veux une réponse, sinon, c'est bête à plumes :

samedi 25 septembre 2010

Choisir son camp (Episode 1)

C'est aussi con qu'un sondage comme billet mais je sens que ça va m'amuser quelques temps :

C'est toi qui choisis (parce que moi, là, j'arrive pas) :
Sucré ou Salé ? Casse-dalle yankee ou dessert dans la grande tradition gastronomique française ? Beef Jerky ou crème brulée ?



ou

mercredi 22 septembre 2010

L'akoibonisme n'est pas une fatalité (et battre le pavé est une nécessité)

Le titre dit tout et je crois que je vais (encore) aller bellaciaoter aujourd'hui.

Contre les imposteurs et pour les autres, postiers. Pour que tous ceux qui nous disent aujourd'hui qu'il n'y a pas d'autre alternative (et qui nous disaient hier que franchement, 40 heures par semaine, c'était pas plus possible que 60 ans maintenant).

Tout ça parce que quand le monde s'écroule, il faut parfois faire rouler la grosse boule dans l'autre sens. Bien sûr, seul c'est impossible mais à plusieurs, c'est assez facile en fait, il suffit d'être bien synchronisés et de ne pas envisager le recul.




Post-Scriptum : Si tu kiffes la chanson de Julien Baer, c'est fait exprès (et tout son premier album est du même tonneau, c'est à dire sublime).

samedi 18 septembre 2010

Madeleines (Livraison à domicile, par paquet de trente)

Bon, allez, on va dire que t'as un peu de temps, hein ?C'est pas plus mal, d'ailleurs parce que j'ai pris un peu du mien de temps pour faire du rangement ... Et forcément, je suis tombé sur un disque, plein à ras bord et sans rien dessus.

Alors, je l'ai écouté, ce vieux truc, que j'avais fait avec mes doigts boudinés, une sacrée pile de disques. J'en faisais pas mal, à l'époque, pour tromper l'ennui (et la nuit d'insomnie) entre deux journées surchargées d'un boulot inintéressant.

Donc, je disais, tu t'installes, de préférence devant une télé ... Toute petite, 36 cm, écran tout bombé, tube cathodique, enfin, tu vois le genre, un vieux truc ... Tu sors de ton placard, des bons vieux Prince ou des barquettes trois chatons, éventuellement, tu les trempes dans du lait avec du cacao dedans. Tu vois le trip bien régressif ?

Dans ta télé, t'essaye de choper une vieille de série américaine bien naze. Je te conseillerais l'Agence Tous Risques, mais si tu trouves qu'un Starsky & Hutch, un Drôle de dames ou un Magnum, c'est pas bien grave ... Tu coupes le son de toute façon, t'as juste besoin des images ...

Dans le silence, devant les images de Barracuda et Looping, appuye sur Play, là, juste en dessous ... T'en as pour une heure ...

Madeleines (livraison par paquet de 30) by labosonic

Et quand c'est fini, tu éteins la télé tout net et tu fixes l'écran.

A ce moment précis, je te jure, sur l'écran, c'est magique, on croit voir apparaître le visage de Marc Toesca.

Blagues à part : 60 minutes, 30 morceaux : un seul datant d'avant 1980, aucun d'après 1990 un seul d'un groupe français (mais deux où on le parle sans l'être), ça commence assez groovy avant de faire Boing Boom Tschak et de terminer rock. Tu peux le télécharger si tu veux avant que je l'efface quand je retrouverais un autre CD sans étiquette dans la pile.

vendredi 17 septembre 2010

Dis Brigitte, tu viendrais pas faire un tour sur ma banquette arrière ? (C'est un titre)

Je pourrais rebaptiser ma semaine laborieuse (oui, c'est le mot, oui) en "semaine de la loose" tant elle fut aussi peu excitante qu'étrange. Mais, bon ...

Entre le fait d'habiter le seul appartement du monde où les lustres tombent tout seuls (si, si je vous jure), celui d'avoir passé trois après-midis avec les tympans à la merci d'un maniaque de la tronçonneuse qui ferait bien d'ailleurs de finir de débiter ce putain de pin noir d'Autriche (Pinus Nigra, pour les intimes) avant que je ne me décide de trouver une autre solution au problème de voisinage à base de tronçonneuse (un peu salissante j'en conviens), je crois que la meilleure solution pour un vendredi soir consiste en un suppo et au lit.

Mais avant d'aller me glisser sous la couette, juste une question :

- Malgré toutes les jolies choses qu'il y a dans le clip qui suit (en vrac du lascif, une gogo-danseuse, des clins d'oeil appuyés à la perspective de sexe intergénérationnel, des bagnoles, des nibards et plein d'autres trucs propres à exciter le mâle dominant que je suis), je suis le seul type de cette planète à penser d'abord au Danube Incident de Lalo Schiffrin ?

samedi 26 juin 2010

Mens sana in corpore sano

Je vous avoue que ça fait bien longtemps que je n'ai plus le moindre plaisir à m'intéresser au football. Pourtant, je dois concéder que je m'efforce d'en suivre régulièrement l'actualité. Il se trouve, en effet, que je connais un vieux monsieur presque centenaire, mon grand-père, qui n'a rien d'autre à faire de ses journées que de passionner pour les exploits d'une équipe, qu'elle quelle soit. Je pourrais aussi lui parler des dernières émissions des Chiffres et des lettres mais j'avoue avoir plus de plaisir à converser avec lui des performances sportives des français.

En effet, ce nonanégaire a traversé les deux guerres mondiales et en est sorti avec un esprit un brin cocardier (Après tout, on pourrait l'être à moins ...). Je le soupçonne aussi de s'enthousiasmer autant pour le maillot bleu puisque c'est l'une des seules choses qui n'a pas changé depuis des années et que c'est ainsi le meilleur moyen de trouver des repères dans sa mémoire plus riche qu'elle n'est défaillante.

Or, donc, j'ai suffi avec une consternation mi-amusée, mi-catastrophée les péripéties australo-africaine de notre équipe nationale. Tout cela est proprement accablant, nul n'est besoin de le dire. Mais c'est tout aussi consternant d'assister au défilé de tous ces gens qui viennent analyser ce naufrage en y imposant leur grille de lecture. Les uns y voient là une occasion de réorganiser un système de pouvoir, d'influence et de profit à leur bénéfice. D'autres voient dans cette débâcle digne des aventures de la septième compagnie, un magnifique moyen de promulguer une idéologie conforme à leur grille de lecture, en général plutôt méprisante pour les classes sociales et les couleurs de peaux plus diverses que la leur.

Pour tout dire, on a même largement dépassé les bornes, déjà monumentales, du vide intellectuel qui consistent à dire qu'un grand joueur de football n'a pas à gagner autant d'argent qu'un grand capitaine d'industrie, ayant hérité du patrimoine paternel.

Oui, désolé de le dire comme ça, mais un footballeur, aussi attardé mental soit-il, prenons Frank Ribéry par exemple, a accompli plus de choses dans sa vie qu'une Liliane Bettencourt, qu'un Arnaud Lagardère, qu'un Serge Dassault ou qu'un François-Henri Pinault qui n'ont eu pour unique mérite que celui de vivre des dividendes de la rente paternelle.

Mais revenons un instant à tous ces gens n'ont pas que peu de raisons de l'ouvrir pour donner un avis. Il me semble qu'ils font tous une grossière erreur : celle de voir dans l'équipe nationale un reflet de notre société. L'équipe de
France de Football ne nous renvoie pas au travers d'un miroir déformant l'image de la France. Non. Si elle renvoie à autrui le cruel résumé de tous les aspects les plus nauséabonds de notre pays, il ne faut pas oublier que cette équipe est avant tout le produit d'un système.

Dressons rapidement le portrait type d'un footballeur professionnel de haut niveau. C'est un gamin qui est entré à 12 ans dans une sorte de fabrique de champions, appelée "centre de formation". Il a dû auparavant consacrer de nombreux efforts pour y arriver, souvent au détriment d'un truc qui s'appelle l'école. Et une fois arrivé dans ce microcosme, il a été élevé dans un vestiaire de sport.

Petit rappel pour ceux qui n'y ont jamais mis les pieds : un vestiaire de sport, c'est un truc qui n'est pas mixte, tellement fonctionnel qu'on y a ménagé aucun espace pour quoique ce soit d'autre que ce pour quoi il a été créé et où la seule culture qui existe est celle de la compétition.

L'équipe de France, ce ne sont ni des millionnaires capricieux, ni des mafiosi en short. Non, ce sont simplement des sales gosses qui ont encore quatorze ans d'âge mental, réagissent comme tels et accessoirement lsont a meilleure preuve que l'éducation, c'est un aspect essentiel de la construction d'un individu.

Comment voulez-vous que des types qui ont passé toute leur adolescence dans un milieu coupé d'à peu près tout rapport social avec l'autre, celui qui est différent, arrivent à acquérir un peu de maturité ?

Comment voulez-vous que des types qui n'ont suivi aucun enseignement (ou si peu) depuis leur 12 ans maîtrisent ne serait-ce que les rudiments de l'expression orale spontanée (en dehors des éternels "L'important c'est les 3 points." et "Je crois que, bon, il n'y a pas de petites équipes et ce soir, il va falloir mailler le maillot") ?

Comment voulez-vous que des types qui ont passé leur adolescence dans un monde quasi-exclusivement masculin, et où les seules allusions à l'homosexualité sont injures, ne terminent pas par s'offrir des putes entre potes pour leur anniversaire ?

Ce n'est certainement pas une excuse à tous ses excès mais il faut garder à l'esprit que tous ces "prodiges" du ballon ne sont que les produits d'un processus qui transforme la grande majorité d'entre eux en singes savants justes bons à jongler devant le but ou tacler dans les dix-huits mètres. Tellement inadaptés socialement et intellectuellement qu'ils doivent payer une fortune des gens pour leur dire quoi dire et quoi faire de leur image, de leur carrière et de toutes les petites contingences du quotidien.

Ben, ouais, les gars ! Ce sont ces prototypes là que vous avez créé pour représenter votre nation (Oui, je dis votre parce que c'est pas la mienne celle-là). Et ce sont ces gars-là aujourd'hui que vous voulez blâmer ? Des gamins mal dégrossis devenus pour la majorité des cas sociaux quasi-analphabêtes par votre faute (Ben oui, parce que ce système-là, il existe par une volonté politique donc par la vôtre) ?

Si vous ne comprenez pas que la cause du problème n'est ni ethnique, ni religieuse, ni sociale, ni même financière, vous pourrez jamais le résoudre.

M'enfin, visiblement, notre ministre de l'Education, lui, a tout compris puisqu'il a décidé de réformer les rythmes scolaires en imposant (à titre de test ,mais ça viendra, ne vous inquiétez pas) deux heures de sport quotidiennes à nos chères têtes blondes. On aurait pu leur laisser le choix de faire d'autres trucs : des arts plastiques, du dessin, de la musique, du théâtre, leur donner l'occasion de lire des livres sans contrainte pour apprendre à penser par eux-mêmes. Mais ce sera sport pour tout le monde, avec tout le planning adapté pour jusqu'aux heures des repas et leur contenu.

Si avec ça, ça ne nous promet pas des générations d'abrutis qui, dans le pire des cas, finiront semi-illettrés comme Ribéry et, dans le meilleur, aussi admirable humainement qu'un patron de casino appelé Bernard Laporte ...